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Me retrouver à Abidjan pour la première fois et avoir la chance de découvrir le MASA non seulement en tant que producteur, mais aussi en tant que compagnie participante, a été une expérience vraiment émouvante. Cet événement n’est pas simplement un marché. C’est un écosystème vivant. Et ce qui m’a le plus marqué, en parcourant jour après jour cet immense site, ce n’était pas seulement la programmation officielle, mais tout ce qui se passait en marge.

Bebê de Soares, membre du comité exécutif de ASSITEJ

En ce mois de mai, c’est avec une profonde inspiration que je vous écris, de retour de la 14e édition du « Marché des Arts du Spectacle d’Abidjan » (MASA), qui s’est déroulée du 11 au 18 avril au cœur même de la Côte d’Ivoire. Ce fut une semaine extraordinaire au cours de laquelle Abidjan est véritablement devenue la capitale des arts vivants en Afrique, réunissant plus de 150 groupes artistiques et 712 professionnels venus du monde entier.

Me retrouver à Abidjan pour la première fois et avoir la chance de vivre le MASA non seulement en tant que producteur, mais aussi en tant que compagnie participante, a été une expérience vraiment émouvante. Cet événement n’est pas simplement un marché. C’est un écosystème vivant. Et ce qui m’a le plus marqué, en parcourant jour après jour cet immense site, ce n’était pas seulement la programmation officielle, mais tout ce qui se passait en marge.

Le MASA s'adresse principalement aux adultes, aux programmeurs, aux producteurs et aux artistes, qui y négocient et nouent des contacts. Mais cette année, les choses ont changé. Pour la première fois, le MASA a intégré un volet dédié aux spectacles pour le jeune public. Il ne s'agit ni d'un événement parallèle, ni d'un atelier. De véritables spectacles sont programmés au cœur même du salon.

Mais en réalité, il y avait des enfants partout. Ce n’était pas une mise en scène, ils n’avaient pas simplement été amenés en bus scolaires pour une seule matinée. Ils étaient présents tout au long de l’événement : curieux, enthousiastes, apportant cette énergie brute et spontanée qu’on ne peut pas simuler.

Et puis, les jeunes artistes africains. Comment leur rendre justice ? Leur talent est époustouflant. Pour ne citer que quelques exemples : « Le Chemin de la Rumba » de Didier Mukalayi Maloba et Didier Ediho — une œuvre qui retrace le parcours de la rumba, depuis ses racines congolaises jusqu’aux Amériques, puis de retour vers le Congo — qui, pour moi, a ravivé un souvenir émouvant.

La référence à Cuba s'impose ici tout naturellement : car la rumba que retrace « Le Chemin de la Rumba » n'a jamais été uniquement congolaise et évoque l'esprit de notre ASSITEJ à Cuba (2024), où les rues animées de La Havane résonnaient de l’histoire vivante de ce même voyage. En regardant cette pièce à Abidjan, j’ai ressenti ce même rythme, qui revenait en boucle à travers l’Atlantique. C’est cela, l’écosystème dont je parle : un art qui refuse de rester au même endroit, qui trace sa propre cartographie.

Une autre prestation remarquable a été celle de la Compagnie N’Soleh avec « On descend à la rue Princesse », une pièce de danse contemporaine extraordinaire qui fait revivre le pouls d’une rue d’Abidjan aujourd’hui démolie, grâce à quatorze danseurs, un batteur en direct et rien d’autre que l’énergie brute de la ville. Ils incarnent deux siècles en un seul corps. Le traditionnel n’est jamais une pièce de musée — le traditionnel est un moteur. Le contemporain n’est jamais une mode importée — le contemporain est une nécessité.

Alors oui, le MASA 2026 a véritablement ouvert une porte au jeune public. Et les enfants l’ont franchie, pleins de curiosité et d’enthousiasme, apportant avec eux leur propre énergie. Les jeunes artistes africains nous ont montré ce qui se passe lorsque la tradition rencontre le présent sans complexe. Ce n’est pas un avenir que nous attendons. Il est déjà là. Pour l’Afrique. Pour notre planète. Pour tous ceux qui croient que le théâtre pour la jeunesse est une force vivante et dynamique.

Dans la perspective du 15e MASA en 2028, date à laquelle se tiendra la réunion finale de notre ASSITEJ : AFRICAN VOGUE – un projet auquel participe ASSITEJcentres nationaux de l’ASSITEJ du Sénégal, du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire.

À bientôt !

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